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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2017

Lou Roy

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« Au travers du dessin, mais aussi de techniques textiles telles que la dentelle ou la tapisserie, Lou Roy évoque le corps et tente de le restituer de manière graphique, en développant une écriture organique. La fragilité, qui est au coeur de son travail, s’exprime tant au coeur de ses sujets qu’au travers des pratiques qu’elle met en oeuvre, pratiques exigeant à la fois rigueur et minutie. »
Festival jardins synthétiques, 2016

 

    Le champ de recherche s'oriente autour de la relation entre la pratique du dessin et celle du textile. Je réalise des pièces graphiques ou en volume avec des gestes méticuleux dans le but d'obtenir des formes organiques qui s'inspirent de la complexité des corps. L'aspect répétitif du geste devient alors une métaphore de la vie. Le temps de réalisation entre en contradiction avec l'éphémérité des objets obtenus. La question du corps et de sa fragilité, de sa complexité et de sa part d’étrangeté sont alors au centre des préoccupations plastiques.
Le point de départ de cette réflexion est une recherche autour de la proximité entre l’humain et l’animal. Il s’agit de garder des traces de la vie humaine ou animale en questionnant leur corporalité. L’anatomie devient un champ de recherche et d’expression plastique. J’évoque le corps comme une enveloppe qui serait la manifestation d’une présence vitale. Dessin, photographie et textile permettent de questionner la représentation du corps. Le trait se fait fil, le fil se fait vasculaire. Les corps dévoilent leur intérieur et laissent entrevoir une part de mystère, de doute, d’interrogation. Ils sont cellulaires, fragmentaires et oscillent entre la figuration et l’abstraction. De la suggestion des formes aux éléments répétitifs et expansifs, les corps sont observés puis décortiqués, examinés, scrutés. En réalisant des pièces minutieuses, c'est la complexité de l’anatomie et une certaine fascination pour les systèmes vitaux qui sont représentés. Chaque création est alors un travail de longue haleine devenant l’expression physique d’une présence, le témoignage d’un passage. Le corps s’imprègne du temps et devient une mue, une enveloppe, le reliquat d’une existence.
La répulsion côtoie l’attraction, la violence côtoie la poésie, la vie côtoie la mort, la rudesse côtoie la fragilité... Ainsi, à la lisière des dualités, ce sont des frictions, des incertitudes qui se créent et laissent entrevoir le mystère, la complexité et la poésie des corps.