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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2017

Anaïs Gauthier

MÀJ 29-01-2020

Mes recherches sculpturales s’articulent autour de la notion du corps dans une forme de fragilité. Il est évoqué par des objets du quotidien, des formes drapées, enveloppes à la fois textiles et plus organiques évoquant la peau, ainsi que par les mensurations. Les dimensions d’un individu sont plus largement une façon de traiter de l’habitat, de ce qui l’accueille, le protège ou crée une tension avec celui ci. L’espace et le corps sont indissociables, ce qui m’entraine à créer des parallèles et des déplacements entre les constructions individuelles, les structures émotionnelles et des structures formelles. Je m’inspire de certaines caractéristiques morphologiques d’architectures notamment religieuses, comme les arcs brisés gothiques, la chaire, la rosace, la mosaïque ou encore les muquarnas en les transposant avec de nouveaux matériaux et une échelle réduite, reposant sur les dimensions d’un individu et devenant alors des motifs en trois dimensions. Ces architectures m’intéressent en tant que lieu de passage qu’ils représentent mais aussi pour les moyens qui ont été mis en œuvre pour immerger les individus dans une élévation.

La diversité des matériaux que j’utilise, aussi bien périssables que naturels ou plastiques tendent à créer des rapports à la fois ambigüs et ludiques dans une invitation possible à être manipulé. Cette question du contact est une façon de rendre possible une proximité avec l’œuvre, de lui donner une dynamique, un mouvement malgré sa fixité. Le mouvement irrigue ma réflexion depuis le début de ma recherche plastique. Ils sont aussi bien réels à l’aide de moteurs ou d’une mécanique rudimentaire manuelle, qu’imaginaires. Ils sont circulaires, répétitifs ou stagnants. Ils laissent parfois des traces ou la sensation d’être dominé et entrainent une altération. La transformation d’une forme par la chaleur ou son usure accélérée par un martellement tend à évoquer l’éphémère malgré une robustesse apparente, une fragilité et une mutation possible.

J’occupe l’espace par des structures, telles des lignes dans l’espace non recouvertes et qui prennent de la place notamment par du vide. Les structures immobiles soutiennent et empêchent la chute des éléments fragiles autant dans leur mise en espace que dans leurs pores. Mes sculptures et installations, suspendues dans le temps et autonomes dans l’espace, tendent à se développer en réseaux en tissant des liens pour créer une circulation visuelle chez le regardeur. La réaction du spectateur comme se baisser, lever la tête pour regarder un élément qui le surplombe, saisir une poignée ou encore les dimensions proche d’un corps debout initient ma recherche pour chaque sculpture. Ainsi, par leurs caractéristiques, elles renvoient à un acte que nous pouvons faire, faisant des parallèles entre l’action, les formes convoquées par mes sculptures et nos comportements.